Voyages en zigzag

Rodolphe Töpffer (1799-1846) est considéré comme l’inventeur de la bande dessinée. Ce fils de peintre, né à Genève, veut embrasser la même carrière que son père mais doit renoncer à son projet à cause de troubles oculaires. Il décide alors d’étudier la littérature, tout en étant professeur de latin, de grec et de littérature ancienne et en fréquentant musées et théâtres. Son mariage avec la riche Kitty, avec qui il aura quatre enfants, lui permet d’ouvrir un pensionnat de jeunes garçons étrangers pour le divertissement desquels il écrit une douzaine de comédies, la relation illustrée des excursions annuelles qu’il leur propose dans les cantons suisses et les Alpes, ainsi que d’autres histoires en images qui articulent texte et illustration. Il devient également membre conservateur du parlement du canton de Genève. La détérioration de sa santé en 1843 lui fait quitter l’enseignement. Il meurt trois ans plus tard d’une maladie hépatique.

Dans les Voyages en zigzag, Rodophe Topffër nous fait vivre les périples montagnards qu’il a réalisés avec ses élèves entre 1825 et 1842 et qu’il a fini par publier sur l’insistance de ses amis et grâce aux encouragements de Goethe. Il s’agit de relations de voyages, avec tout le pittoresque que cela suppose, les portraits expressifs, humoristiques ou même parfois ironiques, du tourisme alpestre et de son personnel de l’époque, comme des écoliers-randonneurs. Mais le texte offre aussi une réflexion sur l’éducation et fait de son auteur un disciple du Rousseau de l’Émile. Il s’inscrit dans un mouvement de rénovation pédagogique qui fait de l’apprentissage une véritable initiation, au double sens, éducatif et mystique du terme, qui passe pour Töpffer par le contact direct avec la nature, l’observation, la participation, l’imprégnation longue, le développement du corps aussi bien que de l’esprit, pour une éducation tant intellectuelle que morale.