Père et fille

Le père, Leslie Stephen

Éloge de la marche, Leslie Stephen, Rivages, Paris. Collection : Petite bibliothèque, 2017. Langue : français. Nombre de pages : 135, ISBN : 9782743639990

https://fr.wikipedia.org/wiki/Leslie_Stephen

Grand marcheur et pionnier de l’alpinisme, Leslie Stephen (1832-1904), figure éminente de l’Angleterre victorienne et père de l’écrivain Virginia Woolf, a trouvé au contact de cette nature arpentée ou gravie un élixir de vie et une révélation spirituelle. Les trois textes réunis dans ce volume sont de petits traités philosophiques sertis de paysages magnifiques et sauvages, portés, sublimés, par une écriture poétique. Par cette pratique qui répond à un double besoin, physique et intellectuel, Leslie Stephen illustre par l’exemple et la réflexion le célèbre adage des Anciens : mens sana in corpore sano. La marche, dans les landes anglaises ou dans les Alpes, participe d’un exercice de méditation et de communion. Elle devient sous sa plume une ascèse libératrice à la portée de tous.

La marche est aux loisirs ce que labourer et pêcher est aux travaux industrieux : quelque chose de simple et primitif ; cette activité nous met en contact avec la terre maternelle et la nature élémentaire, elle ne requiert aucun dispositif complexe ni excitation superflue. 

De la simple déambulation à la plus aventureuse randonnée, la marche, pour Leslie Stephen, pionnier de l’alpinisme et père de Virginia Woolf, est d’abord et avant tout une activité poétique et philosophique ; un lieu de ressourcement où le marcheur fait l’expérience de sa vitalité. Ce texte est suivi d’un souvenir de Virginia sur son père.

La fille, Virginia Woolf

Au hasard des rues, une aventure londonienne, Editions Interférences, 2014. ISBN, 978-2-909589-30-5

Titre original : Street Haunting, date de publication, 1930. Traduit de l’anglais par Marie-José Tramuta et Toby Gemperle Gilber

https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf

Dans ce petit texte Virginia Woolf (1882-1941) évoque, à la première personne, une promenade à travers les rues de Londres. Sous prétexte d’aller acheter un crayon, elle ferme la porte sur le monde familier de sa maison et part à l’aventure dans les rues, ouverte à tout ce qu’elle voit, tout ce qu’elle croise, tout ce qu’elle entend. Ce très bel essai est une description de l’errance de l’esprit qui suit le fil ou plutôt les zigzags de la pensée, comme un promeneur errant au hasard des rues, disponible à tous les possibles.

Il s’agit d’un magnifique exemple de l’art de Virginia Woolf, qui était du reste une infatigable marcheuse.

Ce texte est préfacé par Philippe Blanchon, poète, traducteur et éditeur.

Et quoi de plus délicieux et merveilleux que de quitter les lignes régulières de la personnalité et de bifurquer vers ces sentiers qui mènent derrière les ronces et les troncs d’arbres épais vers le cœur de la forêt, là où demeurent ces bêtes sauvages, nos semblables ?

Voilà qui est vrai : s’échapper est le plus grand des plaisirs ; errer au hasard des rues en plein hiver la plus grande des aventures.